Je ne me rappelle plus beaucoup de mes voyages d’enfance sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre. Quelques lambeaux d’images ou d’impressions filtrent bien encore jusqu’à mon esprit : l’allure générale d’une rue, d’une plage, la couleur d’un ciel, d’un motel, le bruit des vagues, des cris d’enfants, un château dans le sable, une odeur saline mêlée à l’effluve des hot-dogs grillés. Mais tout cela est fuyant et ne forme plus qu’une mosaïque disparate, et bien peu sensée – pour autant que l’on considère que le sens du passé ne tient qu’à la capacité que nous avons de le reconstituer. Du reste, je ne suis plus certain de la provenance réelle de ces réminiscences: peut-être ne s’agit-il après tout que d’un collage fictif de sensations tirées d’événements d’une nature complètement différente ou même empruntées à des œuvres cinématographiques. Peut-être ne sont-elles plus que l’émanation stéréotypée, la réduction en format de carte postale de ce que j’ai réellement vécu. Malgré tout, et d’une manière paradoxale, il y a un souvenir particulier que je garde de ces voyages et qui, malgré la distance des années, me revient toujours avec une étonnante acuité. En fait, il me semble précisément que plus le temps avance et plus l’acuité de ce souvenir augmente à mon esprit.

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Le paradoxe que je viens d’évoquer ne surprendra certainement pas le lecteur ayant déjà eu l’indicible bonheur de parcourir l’un de mes textes, écrit dans la froidure de février, où je traitais des concepts de la mémoire et du souvenir chez Kierkegaard. Grosso modo, j’expliquais que le philosophe danois distingue la première comme capacité d’accumulation des faits qui jonchent le cours de notre vie, et le deuxième comme faculté de dégager du passage du temps ce qui est essentiel à notre existence, ce qui se rapporte à son unité, à sa dimension spirituelle, et même sacrée. Par exemple, la mémoire peut ramener à notre esprit les caractéristiques physiques d’un ami d’enfance, ou alors les éléments de sa biographie. Mais ce n’est que par le souvenir qu’il est possible d’accéder à l’esprit de cette amitié. Cet esprit ne correspond pas seulement à l’ « atmosphère » des événements de notre passé, qui elle pourrait très bien être rendue d’une manière purement factuelle par la mémoire; il s’agit plutôt de quelque chose qui prend certes racine dans les lointaines années de notre vie, mais qui n’en conserve pas moins une certaine actualité. C’est que nos souvenirs nous appartiennent de la manière la plus intime, et ils disent ce que nous sommes. Bien entendu, mémoire et souvenir marchent souvent main dans la main, mais il arrive tout de même que nous nous remémorions certains faits dont la trivialité ne manque pas de nous étonner ou, au contraire, qu’un sentiment de plénitude, de clarté existentielle nous envahisse sans que nous puissions nous figurer exactement d’où cela émerge. Les vieillards, dont le souvenir a des racines très profondes, mais qui en revanche ont la mémoire rendue fragile par l’âge, sont susceptibles d’éprouver ce dernier sentiment – du moins nous leur souhaitons.

Cette distinction entre la mémoire et le souvenir explique donc que je puisse remettre en question l’authenticité des images qui me parviennent de la Nouvelle-Angleterre – ou du moins la cohérence avec laquelle elles se présentent à mon esprit, tout en n’ayant aucun doute quant l’authenticité de ce souvenir qu’il me tarde de raconter au lecteur. C’est que le souvenir est essentiellement une sensation, et il demeure tel même lorsqu’il se trouve recouvert par les matériaux de la mémoire. Or, une sensation, cela ne s’invente pas : elle ne peut que nous être donnée. Et c’est en cela que réside la source de notre certitude à l’égard du souvenir. Par contre, cette propriété pose une sérieuse contrainte langagière à qui veut communiquer son souvenir : parce que celui-ci consiste essentiellement en une sensation, on ne peut pas vraiment le « raconter » : il faut plutôt chercher à l’évoquer. L’expression « raconter un souvenir » est bien usitée, mais elle ne vaut en fait que dans une perspective purement pratique.

Le souvenir, de par sa nature, se distingue donc de la mémoire, mais pour que son évocation ait lieu, il faut néanmoins en passer par un agencement de faits au travers desquels l’esprit puisse se fixer. Tant mieux si ces faits découlent d’événements absolument avérés, mais il pourrait tout aussi bien s’agir d’une pure fiction. De fait, je suis convaincu que beaucoup, sinon la plupart des souvenirs qui nous habitent ne sont, dans leur aspect factuel, que des constructions partiellement ou peut-être même complètement fictives. Il conviendrait sans doute ici de parler de mythes. Les mythes ont une relation particulière avec la vérité : alors que les œuvres de la raison tendent à aller droit à la vérité par un processus d’objectivation, les mythes nous font valser autour de la vérité. De la même façon, notre mémoire nous fait aller droit aux faits qui constituent la trame de notre vie, tandis que le souvenir nous fait tricoter une histoire autour d’un fragment d’éternité qui s’est inexorablement logé en nous.

La sensation qui est à la base du souvenir ne se présente pas à l’esprit avec une intensité particulière. Au contraire, au moment du jaillissement, elle peut s’avérer tout à fait indétectable, et cela pour la bonne raison qu’elle n’est alors pas affublée de cette opacité par laquelle certains de nos états d’esprit font retour en nous. Ainsi, le souvenir se love au creux de l’être tel un heureux clandestin, et ne craint pas d’attendre le passage des années pour déployer l’abondance de sens dont il est porteur. Tout au plus cette arrivée s’accompagne-t-elle d’une sorte de douceur intrigante, d’un étrange flottement de l’âme. Il s’agit certainement de quelque chose de joyeux, encore qu’il s’y mêle un je-ne-sais-quoi de nostalgie. Ce sentiment de nostalgie ne consiste pas du tout en un regret, mais découle plutôt de ce que nous éprouvons l’ouverture soudaine d’un horizon infini au sein de notre esprit : celui de notre entière plénitude, de notre totalité, du sens parfait de notre existence. Cet horizon, le souvenir nous le découvre par ces moyens mythiques dont il a le secret, mais notre humaine impatience étant ce qu’elle est, nous éprouvons la distance à parcourir pour atteindre l’élément du mythe comme une pure séparation, dont nous ne pouvons ensuite que nous affliger. En cela, le souvenir a quelque chose qui s’apparente au sentiment religieux.

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Mon histoire en est une de frères et de châteaux de sable. C’est quelque chose d’infiniment simple. Mais avant d’aller au cœur de cette histoire, je me dois de faire une dernière remarque quant à l’art de construire des châteaux de sable. Il faut en effet que le lecteur sache que l’architecte de plage qui a quelque haute ambition en ce domaine sera fort avisé de s’exécuter dans la partie de la plage qui est située juste au-dessus du point le plus élevé de la marée haute, puisque le château construit à cet endroit sera préservé de l’élan destructeur des vagues. Malheureusement, les débutants ont souvent la mauvaise idée de s’installer plus bas sur la plage, dans l’espace que la marée basse laisse à découvert. Cet espace si périlleux, je l’appelle le no man’s land. Pour éclaircir davantage cette remarque, je réfère le lecteur à la figure no. 1.

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Les œuvres qui sont érigées dans le no man’s land sont donc appelées à être engloutie dès le prochain gonflement de la panse océanique. Mais il se trouve justement que lors de nos voyages en Nouvelle-Angleterre, mon frère et moi avions développé un jeu qui consistait à bafouer cette règle sacrée de l’architecture de plage. Insouciant et joyeux, nous construisions alors quelque magnifique forteresse en plein no man’s land, sachant pourtant fort bien, dès le premier coup de pelle, que ses heures étaient déjà comptées. Malgré tout, nous attendions avec impatience que la marée commence à monter, afin de nous consacrer à protéger la forteresse coûte que coûte contre les assauts des vagues, par le moyen de tout un système de douves, de murailles protectrices, de canaux d’évacuation et de murs de déviation. Il fallait s’affairer sans cesse à renforcer et à développer ces constructions, au risque de voir notre forteresse tomber aux mains de l’océan – ce qui ne manquait d’ailleurs pas d’arriver aux dernières heures de l’après-midi, lorsqu’il fallait rentrer pour le souper, et que l’empire de la mer était à son apogée.

Nos châteaux sont donc désormais engloutis pour de bon, retournés à l’état informe des étendues de sable. Pourtant, je m’en souviens si bien. C’est drôle comme le fait de valser dans les bras d’une fin inéluctable peut illuminer le cours des choses. Évidemment, ce n’est pas tant la fin elle-même que la danse que nous aimons. De la même façon, ce sont les rires avec mon frère sous le soleil de la Nouvelle-Angleterre, contre les vagues de l’Atlantique qui confèrent une aura si précieuse à ce souvenir. Mais lorsque les danseurs parviennent en plus à s’accommoder d’une manière quelconque du spectre de la fin, et qu’ils découvrent qu’elle n’est en fait qu’une enfant qui ne demande qu’à sauter dans la danse, alors il y a toujours quelque chose de plus grand qui devient possible. Parfois même, tout se passe comme si un fragment d’éternité venait se déposer sur le monde.

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4 réflexions sur “No man’s land

  1. « Le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. »

    Il me semble que M. Kierkegaard a oublié l’essentiel. Sans le verbe (j’omets la majuscule car l’objet n’est pas de discuter de sa provenance), rien n’existe. Ce chat qui vient se frotter à mes jambes n’existe pas, c’est moi qui peut dire qu’il existe, pas lui. Il n’a pas de mémoire, c’est moi qui dit qu’il en a une. Pourtant, il rêve, mais c’est encore moi qui le dit !

    Peut-être, est-ce difficile à comprendre ? Imaginez un homme, il y a entre 10 000 et 500 000 ans (nous ne savons pas), qui avait une conscience humaine, mais le mot « homme » n’avait pas encore été créé.
    Il ne pouvait donc pas se souvenir d’avoir vu un homme… encore moins un château de sable :-).
    Est-ce que l’homme existait ? Nous ne pouvons pas dire que quelque chose que nous ne pouvons pas nommer existe… Le premier homme n’est pas celui qui avait une conscience humaine, mais celui qui a pu se nommer comme étant un homme. Les paléontologues ne le trouveront pas :-).

    Ah ! J’ai résolu mon problème avec les dauphins… nous ne pouvons pas déduire qu’ils ont une « forme » de conscience humaine par le simple fait qu’ils peuvent se nommer individuellement. Le cerveau est plein de mystères, pourquoi est-ce que cela me vient ici :-).

    Sans le verbe pas de mémoire et pas de souvenir.

    La nuance entre les deux est donc subtile. Et je ne l’avais pas remarqué avant de vous lire.
    La mémoire est celle du verbe. Nous n’avons pas la mémoire de ce qui ne s’exprime pas par des mots. Mais parfois, ce n’est que parce que nous sommes susceptibles de mettre des mots dessus (ce que ne peut pas faire le chat). Dans les deux cas, nous ne savons pas qui a mis les mots sur le souvenir (qui nous a dit: nos parents, un film qui parlait de la même chose ?). Alors effectivement qu’est-ce que le souvenir ? N’est-ce pas simplement ce qui vient à la conscience et qui provient de la mémoire qui serait alors l’ensemble des souvenirs susceptibles de venir à la conscience ?

    Le problème est qu’avec l’apparition des ordinateurs, nous pouvons dire que tout et n’importe quoi à une mémoire. Alors que pour un ordinateur, sa mémoire ne contient que les mots que l’homme a bien voulu y mettre :-). Que nous nommons informations… comme si une chose (y compris un livre) pouvait contenir des informations, des connaissances… Alors que je ne peux même savoir ce que Saint-Jean voulait dire par les 10 mots que j’ai cité (en supposant qu’ils soient de lui).

    Une autre question que vous soulevez est intéressante.
    Est-ce que les mots peuvent alors changer le souvenir, le reconstruire ?
    Il me semble que si c’était possible les psychologues auraient beaucoup moins de travail :-).

    Sur la fin, j’émettrais une autre hypothèse. Que c’est le fait de devoir lutter contre les vagues qui, par la nécessité de devoir imaginer des solutions inconnues, va induire la mémorisation (et donc le souvenir). Les enfants doivent aimer mettre des défis à leur intelligence puisqu’elle est, d’une certaine façon, plus active que celle des adultes. Mais j’aime bien aussi l’image de la « danse ».

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  2. J’ai un peu de difficulté à vous suivre Hervé, vous sautez un peu partout à la fois.

    Vous affirmez que sans le verbe, rien n’existe. Or, j’ai toujours pensé que ce qui existe est ce qui agit sur mon corps, et que les mots ne sont qu’une sorte de couche plus ou moins superficielle qui vient s’y déposer et qui nous permet de vivre en collectivité. De fait, les êtres qui existent le moins pour moi sont ceux avec qui je n’ai des relations que purement formelles – j’aurais presque pu dire « purement langagières ». Tandis que ceux qui existe le plus pour moi déploient sous mes yeux et dans mon esprit tout un monde de substance indicible.

    Vous dites aussi que nous n’avons la mémoire que de ce qui s’exprime par les mots. Est-ce que ça ne serait pas exactement le contraire ? Les mots ne sont-ils pas des réductions commodes de nos mémoires, propres à notre mode de vie grégaire ?

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    1. Les mots sont des objets qui nous font dire n’importe quoi. Vous êtes l’une des rares personnes que je lise qui ne tombe pas dans ce piège et je suis à la fois étonné et admiratif. Peut-être est-ce cette capacité qui me manque pour être intelligible.

      La seule chose que peut comprendre l’homme est le lien entre les mots (l’esprit) et le corps (l’agir), c’est probablement ce que cherchent tous les philosophes. Pour le trouver, il suffit de comprendre où se trompe Aristote. Platon et Aristote pensaient tous les deux que la beauté était la beauté primaire, une chose divine que l’homme avait hérité des dieux. Mais Aristote disait à Platon, il ne faut pas en rester là, il faut la caractériser car les dieux ne peuvent pas nous dire ce qu’elle est. Aristote ne pouvait pas savoir que la beauté ne se caractérise pas, car c’est une chose humaine créée par l’homme, pas par les dieux. La beauté se définit par des mots créés par l’homme. Elle ne peut exister que par l’esprit, car ce n’est qu’un mot. Nous ne pouvons caractériser que les êtres, ce tableau de Dali est beau, et il l’est parce que je peux le dire. Il est beau par l’esprit, il ne peut l’être sans l’esprit qui est lui-même un mot…

      Le Verbe (avec une majuscule) est une création « divine », car nous ne savons pas pourquoi nous avons la faculté de créer des phrases, mais le verbe, c’est-à-dire les verbes et les autres mots qui nous permettent de créer des phrases, est une création humaine. C’est cette faculté humaine qui nous permet de dire qu’une chose existe. Dit autrement, c’est le Verbe qui a permis à l’homme de créer le verbe « exister », et sans lui (le verbe exister) rien n’existe. Lorsque nous disons que ce chat existe, c’est nous (un homme disposant du verbe) qui le disons, ce n’est pas le chat. C’est difficile à comprendre, mais c’est encore le même débat entre Einstein qui disait « Dieu ne joue pas aux dés » et Bohr qui répondait « Einstein, cessez de dire à Dieu ce qu’Il doit faire ». Rien n’existe en dehors de ce que l’homme peut dire, et il ne peut dire que ce qui concerne ce avec quoi il interagit. Il n’a pas besoin de savoir où se trouve un quanta lorsqu’il n’est pas là pour l’observer, Dieu ne lui dira pas et il ne peut pas savoir pourquoi Dieu ne lui a pas permis de le savoir.

      « J’ai toujours pensé que ce qui existe est ce qui agit sur mon corps. » C’est cela mon souci, vous avez dit une vérité. Mais comme Einstein, vous oubliez que c’est le Verbe (la faculté de parler) qui vous permet de le savoir, c’est pourquoi vous pouvez le dire et le penser. Comment dire… Votre corps interagit avec ce qui lui est extérieur, et vous pouvez dire que ces choses existent parce que vous connaissez le verbe, en l’occurrence le verbe exister. Lorsque vous dites cela, vous ne faites que décrire par l’esprit les interactions de votre corps avec les choses qui lui sont extérieures. Ces choses n’existent que par votre esprit, par le verbe qui permet de le dire. Vous ne pouvez rien savoir d’autre. Peut-être ces choses existent indépendamment de l’esprit, mais vous ne pouvez pas le savoir, vous ne pouvez pas le demander à Dieu. Nous pourrions penser qu’il en va de même pour un chat, alors que pour lui rien n’existe, car il ne peut pas le dire, il ne connaît pas le verbe exister. Si je dis, « j’ai toujours pensé que ce qui existe pour la chat est ce qui agit sur son corps », c’est dénué de sens car le chat n’est qu’un mot inventé par l’homme pour parler de ce qu’il peut faire avec le chat. C’est moi qui peut le dire, pas le chat.

      Donc bien sûr, il y a des choses qui existent plus pour vous que d’autres, car « celles qui existent le plus pour vous déploient sous vos yeux et dans votre esprit tout un monde de substance indicible ». Mais qui est vous (moi) ? En disant cela, vous montrez que l’esprit et le corps sont indissociables, que vous le ressentez ET que vous pouvez le dire (le verbe est en l’homme, et le verbe est l’homme). Lorsque vous pouvez seulement le dire, ce ne sont que des « relations formelles », mais ce sont des relations quand même sinon vous n’en parleriez pas. Vous pouvez dire cela parce que vous interagissez avec des choses ET que vous pouvez en parler. Et il y en a certaines avec lesquelles vous interagissez plus qu’avec d’autres. C’est parce qu’il y a interaction que vous pouvez le dire. Mais si vous ne pouviez pas le dire, ou plutôt si vous ne disposiez pas du verbe, comme le chat, que resterait-il de « ce monde de substance indicible ». Rien d’autres que les interactions. Il faut un homme disposant du verbe pour dire que le chat est plus souvent ici que là, comme le quanta est plus souvent ici que là. Le chat n’a que les yeux, pas l’esprit.

      « Les mots ne sont-ils pas des réductions commodes de nos mémoires, propres à notre mode de vie grégaire ? » Eh bien oui, justement. Mais si vous enlevez cette réduction commode, que reste-t-il ? Est-ce qu’un chat a une mémoire alors qu’il ne connaît pas le verbe ? C’est l’homme qui le dit, parce qu’il agit différemment entre hier et aujourd’hui, mais il n’a pas besoin de le savoir, il n’en a pas le souvenir. Son corps l’a appris et nous disons qu’il a bien fallu qu’il le « stocke » quelque part, en grande partie dans son cerveau. Est-ce cela la mémoire, ce qu’il a stocké quelque part pour agir différemment sans le savoir et sans pouvoir le dire ? Cela ne se peut pas, car il faut quelqu’un pour le dire qui doit connaître le mot mémoire. Et ce quelqu’un ne connaît ce mot que parce qu’il peut se souvenir en utilisant cette réduction commode que sont les mots qu’il a pu poser sur ce que son corps avait pu faire. Le souvenir n’existe que par le Verbe, car nous pouvons poser des mots dessus.

      J’espère avoir utilisé les mots de façon adéquate et que ce que je dis est compréhensible

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    2. Il me semble que je suis allé trop vite et « d’avoir sauté un peu partout à la fois ».

      Pour résumer plus simplement et je détaillerais si cela vous intéresse.

      « La faculté langagière de l’homme ne lui permet pas de décrire le monde, les choses qu’il perçoit, mais ce qu’il peut en faire, ses interactions avec les choses qu’il perçoit. Il ne peut le faire que par le souvenir de ce qu’il fit en posant des mots dessus. »

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