Je me souviens encore de la première fois que ça m’est arrivé. J’avais douze ou treize ans et, par une douce soirée de fin de septembre, assis dans l’entrée de la maison familiale avec une amie, j’observais attentivement le ciel. C’était une soirée particulièrement claire et magnifiquement étoilée ; je suppose que l’on pourrait dire que c’était le genre de soirée qui dispose l’esprit aux rêveries. Je ne sais pas ce qui m’a pris ce soir-là mais tout à coup, la noire opacité de la nuit ne m’a plus satisfaite, et mon regard ne voulait plus s’y arrêter. Les astres, gracieusement arrangés et la traînée phosphorescente de la voie lactée pouvaient bien faire les belles : elles ne me distrayaient plus du spectacle troublant de la noirceur infinie dans laquelle elles se noyaient toutes deux. Je me suis alors plongé par toute la force de ma pensée dans cette mer obscure : réduisant toutes les distances à l’échelle de mon imagination, je voyais défiler les systèmes solaires, les nébuleuses, les galaxies, les amas de galaxies jusqu’à nous trouver ramenés, mon amie et moi, à l’état de particules insignifiantes. Corollairement à ceci, et sans doute de manière encore plus fondamentale, j’étais ébahi, frappé de plein fouet par la fulgurance de cette immensité. Comment les complexités de la vie terrestre et les subtilités de la civilisation avaient bien pu faire leur apparition dans ce monde aux proportions infinies ? Comment, dans les grandes étendues indifférentes du cosmos, l’énigme du désir humain avait bien pu faire irruption? Comment, mais surtout : pourquoi ? Ainsi, ce petit mot traître m’effleurait dans toute l’étendue de sa signification pour la première fois.

À s’écarteler l’esprit dans ce genre de considérations astronomiques, l’on parvient rapidement dans l’élément du pourquoi. La noirceur du cosmos semble en effet parfois agir comme une sorte de miroir qui nous renvoie l’image de notre propre mystère. Comme si les tréfonds de notre être et les confins galactiques finissaient par se rejoindre et coïncider. Mais il n’est évidemment pas requis d’en passer par cet expédient astronomique pour connaître ce grand questionnement: l’homme qui en a reçu la visite ne serait-ce qu’une seule fois est à jamais possédé. À ses yeux, même les choses les plus proches et les plus familières en viennent à acquérir la propriété miroitante du cosmos : tout le renvoie ainsi à l’épaisseur de son ignorance et à son désir de combler ce vide. Il en vient de la sorte à habiter littéralement dans l’élément du pourquoi.

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Qu’est-ce que l’élément du pourquoi ? C’est l’esprit en tant qu’il s’aménage autour de l’idée que l’existence ne puisse se suffire à elle-même, et qu’elle doive par conséquent se voir surmontée d’une quelconque substance idéelle : une divinité, une théorie métaphysique, une explication scientifique, bref, une croyance. Car dire pour-quoi, c’est poser implicitement que la chose que l’on questionne ne puisse être conçue qu’en tant qu’elle se rapporte à une autre chose qui la surplombe, en vue de laquelle ou pour laquelle elle existe. « Pourquoi suis-je sur la terre ? » : cette question équivaut en fait à demander « qu’est-ce que je ne vois pas, qu’est-ce qui m’échappe et qui viendrait rendre possible ou admissible ce que j’ai sous les yeux ? ». L’homme qui s’accroche à un pourquoi ne peut fondamentalement admettre que le monde puisse nous être donné comme tel ; il faut absolument que lui soit adjointe quelque instance directrice, quelque instance morale. Dans quel but ? Pour justifier la douleur, la souffrance et l’angoisse, bien entendu, pour nous rassurer à l’effet qu’ils ont un sens et qu’ils s’inscrivent dans une sorte de projet. Même l’homme heureux est susceptible de désirer cette justification, ne serait-ce que pour légitimer la souffrance des autres. Même l’enfant de douze ou treize ans que j’étais et qui regardait les étoiles pouvait très bien réaliser, en son fort intérieur, que l’existence peut être, entre autres choses, un fardeau.

L’ironie veut que la morale, qui se glisse doucement dans le sillage du pourquoi afin de venir recouvrir la vie, est en elle-même un fardeau dont se charge l’individu, puisqu’elle vient ajouter sur ses épaules le poids de la responsabilité – celles de ses actes, de ses pensées, de son existence. Évidemment, entre le fardeau de la responsabilité et celui d’une vie insensée, il se trouvera beaucoup d’âmes pour préférer la première, particulièrement si le dilemme est posé en ces termes. Car nous pourrions tout aussi bien opposer à la responsabilité non pas une vie insensée mais plutôt le poids de la liberté. Dans cette perspective, l’insuffisance de l’existence telle qu’elle nous est donnée n’est plus vue comme une tare mais bien comme une opportunité: celle d’agir, celle d’œuvrer à créer du sens. Une telle opportunité risque bien par contre d’avoir quelque chose de foncièrement étourdissant. Seul contre le néant: voilà un combat qui semble en effet bien inégal.

C’est, du reste, peut-être la raison pour laquelle plusieurs individus se replient sur l’attitude narcissique qui consiste à se laisser glisser sur le dos d’une fatalité existentielle dont la maxime, véritable cri du cœur d’une adolescence qui ne veut pas mourir, pourrait être formulée de la sorte: « je n’ai pas choisi de venir au monde ». Si l’homme est propulsé contre son gré dans l’existence, alors il ne lui revient plus de porter le fardeau de la morale sur ses épaules, pas plus que celui de la liberté. Tranquillement installé dans cette voie d’évitement, il peut alors égrener ses jours dans une douceur hédoniste, si ce n’est conformiste, et vaquer à ses desseins étriqués.

L’élément du pourquoi parvient de la sorte à nous glisser entre les doigt. N’avons-nous pas tous nos petites voies d’évitement ? Il est toutefois une circonstance de la vie qui nous y ramène inexorablement, soit lorsque se fait jour en nous le petit chatouillement fripon de l’horloge biologique, celui qui nous intime de nous reproduire. Soudainement, nous nous retrouvons de nouveau face au poids de l’existence en nous demandant: « pourquoi se reproduire ? » Et c’est peut-être ainsi que nous frappons le point le profond de notre plongée dans la noirceur de l’univers puisque cette fois, nous ne pouvons plus recourir au stratagème de la fatalité: la vie à venir ne peut être que de notre fait. Dans la reproduction, aucun faux-fuyant n’est possible: la rencontre de notre liberté et du mystère des choses est assurée. Nous pourrions sans doute dire, avec Philippe Muray, que cette question du pourquoi de la reproduction est « […] la question des questions en suspens à travers le temps. L’essence même du pourquoi. » (c.f. In vitro veritas).

La morale a toujours eu des rapports ambigus avec la reproduction et la sexualité, et cela sans doute parce que cette dernière renvoie l’individu à sa réalité la plus individuelle, au monde de ses désirs égoïstes, tout en l’éloignant de l’horizon abstrait et inhibant qui est le propre de la morale. Par exemple, l’évolution des positions chrétiennes en la matière n’est que l’histoire d’une gigantesque valse-hésitation, un véritable tissu d’incohérences où les apologies de la chasteté succèdent allègrement aux politiques ultra-natalistes. Aussi, la question de la reproduction aboutit, plus souvent qu’autrement, dans le giron de la liberté, et il en revient ainsi au futur parent de créer le sens dont pourra être enveloppé son acte. Mais le même inconvénient qu’auparavant surgit aussitôt: comment un parent peut-il lutter seul contre le néant duquel il tire sa progéniture ? Et voici revenir les inévitables étourdissements de l’absolutisme existentialiste…

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Pourquoi. Pourquoi nous précipitons-nous sur ce pronom interrogatif lorsque la fulgurance de l’immensité, de l’improbabilité ou de l’éternité du monde nous saute aux yeux ? Pourquoi ne pouvons-nous admettre cette fulgurance telle qu’elle se présente à notre esprit ? Pourquoi avons-nous donc ce besoin irrépressible de sauter dans l’élément du pourquoi et de surmonter la sensation stupéfiante qui surgit en nous par quelque chimère de notre cru ? Pourquoi ne l’accueillons-nous pas purement et simplement et ne la prenons-nous pas pour ce qu’elle est: une fulgurance, c’est-à-dire quelque chose qui nous dépasse, qui épuise les possibilités de notre faculté de compréhension de de représentation, qui nous oblige à faire preuve d’humilité. Si nous évitions de nos interroger et de poser quelque jugement que ce soit avant d’avoir pris le temps de saisir ce qui se présente à nous dans sa réalité propre, alors nous ne poserions sans doute plus la question: « pourquoi suis-je sur la terre ? », mais nous nous exclamerions simplement: « il est inouï de vivre ! »

Puis, ayant posé ce constat par lequel nous prenons acte de ce qui nous traverse, et n’ayant point cédé à l’envie frénétique de nous précipiter dans l’élément du pourquoi, nous pourrions enfin, dans un deuxième temps, nous interroger de la manière qui sied à nos modestes moyens humains: « il est inouï de vivre ! Maintenant, comment puis-je faire en sorte que ma vie soit à la hauteur de cette fulgurance ? » Où, tombant des hauteurs métaphysiques, nous atteindrions les saines et basses altitudes d’un labeur terrestre, d’une soif d’agir. Où l’atmosphère impersonnelle du pourquoi céderait à celle, lucide et bien incarnée, d’une individualité concrète. Où enfin, songeant à l’enfant à venir ou à celui qui a déjà fenêtre sur le monde, nous ne demanderions plus pourquoi nous perpétuons l’espèce, pourquoi nous donnons suite à cette folie de l’aventure humaine – la question étant de toute façon parfaitement insoluble, mais nous dirions plutôt « il est inouï d’être parent ! Maintenant, comment puis-je être à la hauteur de cet improbable miracle ? »

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7 réflexions sur “Attentat contre un pronom interrogatif

  1. 1) L’une des thèses que je pose ici, c’est que le pourquoi n’est déjà que l’interprétation de quelque chose de plus fondamental, à savoir l’étonnement. L’étonnement devant le monde a sans doute toujours existé depuis que l’homme est homme. Cela me fait d’ailleurs penser que dans le film 2001: L’odyssée de l’espace, dont les images agrémentent le présent article, l’homme devient homme lorsque le monolithe apparaît devant les hommes-singes. Ce monolithe a essentiellement pour fonction de sortir les hommes-singes de leur sommeil animal en suscitant un étonnement extatique. Maintenant, est-ce que le pourquoi a toujours accompagné l’étonnement ? Probablement, oui.

    2) Non. L’avant-dernier paragraphe du texte le démontre implicitement en posant une série de pourquoi à l’adresse de ce que j’ai appelé « l’élément du pourquoi ». Ces « petits » pourquoi sont axés sur l’idée qu’il puisse exister des relations causales entre les choses du monde, alors que le « gros » pourquoi met le monde lui-même en question.

    3) « Comment éduquer un enfant ? »: cela se pose sans pourquoi. Ou alors, s’il y a un pourquoi, il renvoie encore une fois au pourquoi de la procréation, lequel est insoluble. Mais le « comment éduquer un enfant » n’est pas linéaire: il ne s’agit pas de déterminer comment éduquer comme l’on détermine comment monter un ordinateur. C’est un comment qui a toutes les allures d’un cheminement. Il n’y a pas de but précis, car le but est caché. Et il est caché jusqu’à la fin de son déploiement. Son déploiement se termine lorsque la relation parent-enfin cesse. C’est-à-dire lorsqu’il n’y a plus lieu de poser quelque comment que ce soit. Autant dire que le but n’existe pas.

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    1. C’était risqué de répondre :-)…

      1). L’homme n’est pas apparu sur terre avec en paquet cadeau tous les mots du langage, et sans le mot étonnement, il n’y a pas d’étonnement… Mais certaines prépositions sont sans doute liées à des facultés innées. Je me demandais donc quand aurait pu apparaître le pourquoi… celui de la cause (la science) est sans doute récent (moins de 3 000 ans ?).

      2). D’où la deuxième question. J’ai jeté un œil dans Homère: « Zeus, pourquoi fais-tu cela ? » Ce n’est pas un pourquoi qui ramène à une cause, il me semble (et la science n’existait pas encore). C’est plutôt « comment » faut-il faire, c’est quoi la parole divine ?

      Je pense qu’il n’y a pas eu de questionnement sur le « gros pourquoi » avant l’apparition de la science qui remet en cause le divin. Les choses étaient ainsi (ce qui me fait penser à « Sinouhé l’égyptien » qui ose poser la question pourquoi et se fait punir…). Même Aristote dans son traité du ciel ne pose pas la question du pourquoi, le ciel était un être éternel, c’était un fait. Auriez-vous eu la même sensation en imaginant que le ciel était un être éternel ? Que l’homme (pas individuellement bien-sûr) était sans doute lui aussi un être éternel ? Cela me fait encore penser aussi à la Rome antique où il y avait le « dépotoir » des nouveaux nés… Est-ce que les citoyens romains se posaient la question du « pourquoi se reproduire » ?

      3). Là, ma question était plus basique, je cherchais le lien entre le pourquoi et le comment. Et il n’y en pas forcément (c’est ce que je dis ci-dessus d’ailleurs). C’était une mauvaise question…

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  2. 1.1) Je me questionne sur votre thèse, que par ailleurs je prends très au sérieux. Le langage ne permet-il pas de nommer rétroactivement les réalités du passé ? Par exemple, le mot « biface » n’existait pas à l’âge paléolithique. Pour autant, il semble raisonnable de penser que les hommes de ce temps confectionnaient effectivement des bifaces. Évidemment, il importe de garder le recul critique qui nous fait voir que la représentation que nous nous faisons du passé n’est jamais, justement, qu’une représentation. Cette précaution en poche, nous devrions alors avancer sans trop sortir d’âneries. N’est-il pas également raisonnable d’affirmer que les hommes de ce temps devaient être étonnés à la vue de quelque phénomène nouveau, comme l’apparition du feu suite par exemple à la tombée de la foudre sur un arbre. Encore une fois, le philosophe devrait effectivement prendre garde de ne pas accoler légèrement à ce terme toutes les connotations que nous pouvons l’y prêter aujourd’hui.

    1.2) 3000 ans semble être une bonne estimation pour ce qui est de la cause scientifique. Mais quant à la cause en tant que telle, il y avait bien longtemps avant cela que les hommes expliquaient les phénomènes qui les entouraient au moyen de toutes sortes de spéculations.

    2.1) Avez-vous la référence exacte de la citation ? J’aimerais bien y jeter un coup d’œil.

    La suite plus tard, je n’ai plus de temps…

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  3. Les facultés humaines qui nous différencient des autres mammifères nous permettent de créer des comportements humains qui sont rattachés à des mots. Lorsque vous dites que « le mot biface n’existait pas à l’âge paléolithique » vous avez sans doute raison, mais il existait un mot ou un objet qui permettait d’y rattacher des activités humaines (le tailler, l’utiliser…) et de les enseigner aux autres. Les mots ne désignent pas des choses mais des activités, ce que l’homme doit faire lorsque l’on en parle. Un chat n’a pas faim, il existe en même temps que les choses qui lui permettent de se nourrir. C’est nous (l’homme) qui disons qu’il a faim parce que nous mettons des mots sur ses comportements. La faim est un mot qui nous permet de nous organiser pour ne pas avoir faim. Il n’a pas toujours existé et l’homme n’aurait sans doute pas créé l’agriculture s’il n’avait pas eu faim, s’il n’avait pas créé le mot ou un objet qui se rapportait aux activités relatives à la faim. Lorsque nous disons qu’un chat est mort de faim, c’est parce qu’il n’a pas su s’organiser comme nous le faisons pour se prémunir de la faim. Nous créons les mots lorsque l’environnement le nécessite, la faim provient peut-être d’une pénurie, il peut être très ancien. A contrario, la vérité ne peut se créer que parce ce que l’homme est confronté à plusieurs paroles contradictoires (ce qui était le cas à l’époque de Socrate).

    Ces mots désignent des êtres particuliers autour desquels nous nous organisons. Pour les généraliser, nous devons observer les comportements humains, ce ne sont pas les choses que nous généralisons mais les activités (les verbes). Le mot biface est lié à l’observation du passé, de tribus qui avaient des mêmes comportements, s’organiser autour de cet objet, c’est une chose universelle créée par les paléontologues, un symbole qui se rattache à leurs activités, étudier des restes du passé. La science n’existe qu’à partir du moment où nous observons des comportements humains et où nous pouvons les généraliser pour créer des choses universelles et en déduire des causes qui les lient entre elles. La science existe par les activités des scientifiques.

    « Le langage ne permet-il pas de nommer rétroactivement les réalités du passé ? » Ainsi, je ne suis pas certain de la réponse à cette question, mais je dirais que c’est oui pour les choses universelles.

    Les hommes n’expliquaient pas les phénomènes avant qu’il n’y ait de cause, de chose universelle et que la science n’existe. Pour Aristote comme pour Platon, la beauté est divine, jamais il ne dit que Platon se trompe sur ce point. Ils sont plus ou moins d’accord sur ce qu’est la beauté. Aristote veut la caractériser car c’est l’homme qui la perçoit, alors que Platon dit qu’il n’y a pas besoin de le faire car c’est l’âme qui la reconnaît. Avant eux (approximativement) tout était divin, les phénomènes ne s’expliquaient pas, c’était ainsi. D’où mon illustration, lorsque Sinouhé l’Égyptien demande pourquoi il faut passer le scalpel dans la flamme d’Isis avant d’opérer, personne n’a la réponse, c’est ainsi qu’il faut faire car tout le monde a toujours fait ainsi.

    Votre texte m’a ennuyé car il est possible d’imaginer d’où proviennent certains mots, mais le pourquoi est une énigme (pour moi). Il peut être très ancien et a sans doute existé avant la science. Mais les pourquoi que vous évoquez sont a mon avis assez récents. Peut-être le pourquoi n’est rien sans ce à quoi il se rattache. L’étonnement comme la faim est un comportement humain. Nous nous étonnons pour faire quelque chose, là où le chat peut s’étonner (c’est nous qui le disons) parce qu’il est surpris par quelque chose. Nous devons donc l’apprendre. Aussi j’ai du mal à le rattacher au pourquoi. Mais peut-être avez vous raison, les deux peuvent avoir un lien.

    Dans Homère, il y a de nombreux pourquoi et j’ai juste pris le premier venu pour voir de quoi il s’agissait. Il faudrait les étudier tous pour que cela ait un sens. Celui ci-après est dans l’Odyssée chant 1.

    Zeus, pourquoi donc es-tu si irrité contre lui ?

    Et Zeus qui amasse les nuées, lui répondant, parla ainsi :

    – Mon enfant, quelle parole s’est échappée d’entre tes dents ? Comment pourrais-je oublier le divin Odysseus, qui, par l’intelligence, est au-dessus de tous les hommes, et qui offrait le plus de sacrifices aux Dieux qui vivent toujours et qui habitent le large Ouranos ? Mais Poseidaôn qui entoure la terre est constamment irrité à cause du Kyklôps qu’Odysseus a aveuglé, Polyphèmos tel qu’un Dieu, le plus fort des Kyklôpes. La Nymphe Thoôsa, fille de Phorkyn, maître de la mer sauvage, l’enfanta, s’étant unie à Poseidaôn dans ses grottes creuses. C’est pour cela que Poseidaôn qui secoue la terre, ne tuant point Odysseus, le contraint d’errer loin de son pays. Mais nous, qui sommes ici, assurons son retour ; et Poseidaôn oubliera sa colère, car il ne pourra rien, seul, contre tous les dieux immortels.

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