Vrombissantes vérités

Vrombissantes vérités

On ne dira jamais assez à quel point nos sentiments sont précieux. D’ailleurs, les philosophes de l’histoire ne l’ont pas suffisamment dit. Nos sentiments ne mentent jamais, car ils sont par essence porteurs de notre vérité la plus intime; ils disent ce que nous sommes, ce que nous vivons, ce à quoi nous aspirons. Ils ne mentent jamais et cela, en raison du fait qu’ils précèdent tout travail de notre conscience – autrement dit, parce qu’ils découlent de la plus stricte nécessité de notre corps. Les sentiments s’imposent à notre pensée comme la force gravitationnelle s’impose aux objets de la terre: c’est-à-dire d’une manière parfaitement implacable. Lire la suite « Vrombissantes vérités »

Citation de la semaine: Martin Heidegger

Citation de la semaine: Martin Heidegger

La douleur qu’il faut d’abord éprouver et dont il faut soutenir le déchirement jusqu’au bout est la compréhension et la connaissance que l’absence de détresse est la détresse suprême et la plus cachée, qui, du plus loin qu’elle soit, commence à peser sur nous. L’absence de détresse consiste en ceci: on se figure que l’on a bien en main le réel et la réalité et qu’on sait ce qu’est le vrai, sans qu’on ait besoin de savoir où réside la vérité.

– Dépassement de la métaphysique

Méditations d’un vieux con

Méditations d’un vieux con

Il y a quelque temps, au premier paragraphe d’un article intitulé Considération intempestive sur le fond et la forme, je me suis plu à railler la littérature de l’auteur internationalement reconnu Marc Lévy. Avec une bonne dose d’ironie, j’affirmais alors combien il est bon « […] de déguster, après un bouquin de phénoménologie particulièrement coriace, l’exquise, la fraîche, l’irrésistible suavité d’un roman de Marc Lévy! » Bien qu’amusante, il s’agissait là d’une envolée d’autant plus veule que je n’ai jamais lu un traître mot de cet auteur, et que cela ne figure pas non plus au catalogue de mes projets. Or, depuis la publication de cet article, je dois dire que j’ai été trituré par une sourde angoisse qui m’a pourchassé jusque dans l’autobus qui m’emmène chaque matin rencontrer le visage de ma destinée. Lire la suite « Méditations d’un vieux con »

Dompteur en voyage

Dompteur en voyage

Votre humble serviteur délaissera pendant un moment son inlassable travail afin de vous dénicher des perles réflexives. Je dois en effet me rendre au pays de Platon, Aristote et tant d’autres philosophes. Si tout va bien, j’espère pouvoir participer à une cérémonie clandestine des Mystères, au sanctuaire de Delphes, en l’honneur de Socrate.

À bientôt,

Dompteur de mots

Citation de la semaine: Pier Paolo Pasolini

Citation de la semaine: Pier Paolo Pasolini

Aucun centralisme fasciste n’est parvenu à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation. […] Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont gentiment nommé « la société de consommation », appellation qui paraît inoffensive et purement indicative. Il n’en est rien. La télévision est au moins aussi répugnante que les camps d’extermination.

– Écrits corsaires

Splendeurs et misères de la métaphysique

Splendeurs et misères de la métaphysique

J’ai toujours eu un faible pour le mot métaphysique – d’abord parce qu’il sonne bien, parce qu’il est phonologiquement excitant, mais aussi pour tout ce tendre monde de spiritualité et d’abstraction qu’il évoque. Car, au risque de provoquer quelque surprise chez le lecteur, j’ai effectivement une affection particulière pour tout ce qui concerne l’esprit ainsi que ses abstraites créatures. En fait, pour être plus exact, c’est la vie que j’aime – le travail de l’esprit n’étant finalement qu’un moyen – certes misérable – de lui rendre gloire, d’en exprimer les moindres nuances, de magnifier les fulgurantes pérégrinations de l’aventure humaine. Or, la métaphysique, avec ses envolées olympiennes et ses sentences palatiales, semble toucher la pointe la plus profonde de cet univers spirituel – ou du moins, elle en exprime certainement la nostalgie. Lire la suite « Splendeurs et misères de la métaphysique »