Le degré zéro de l’angoisse

Le degré zéro de l’angoisse

Comme le lecteur de ce blogue le sait déjà, ou comme il va maintenant l’apprendre, l’auteur de ces lignes est un ardent collectionneur d’angoisses. J’accumule en effet depuis maintes années ces petites et charmantes bestioles et les dispose amoureusement dans les replis de mon esprit. Dans mes temps libres, je les dépèce afin d’en élaborer la nomenclature et si possible, j’en tire quelque substance philosophique. C’est un passe-temps qui n’est pas de tout repos. Dans mes heures sombres, je geins comme un animal pris au piège, au milieu d’atroces convulsions. Des formes nouvelles de désespoir et de douleur me traversent. Je ne sais plus qui je suis ni où je vais. Lire la suite « Le degré zéro de l’angoisse »

Publicités

Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Le combat chevaleresque que mena ce grand escogriffe de Platon contre les sophistes est traversé par un formidable paradoxe. Dénonçant sans relâche la rhétorique des ses ennemis jurés, il déploya lui-même, ce faisant, l’un des plus grands procédés rhétoriques de la philosophie, soit celui de ses dialogues théâtraux. Au travers de ceux-ci, il se permet la commodité de mettre en scène les sophistes, préjugeant au passage de leur attitude et de leur argumentation à son encontre. Il les réduit également – de la manière la plus sophistique (!) – à une espèce de bloc homogène alors que, comme le dit Gilbert Romeyer-Dherbey dans son étude sur les sophistes, la diversité et l’originalité de ces personnages et de leur doctrines « […] ne nous permettent pas de caractériser un système de pensée unique, dont le nom serait ‘sophistique’ et qui s’opposerait à ‘philosophie’. » Lire la suite « Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien »

Ars Rhetorica #1

Ars Rhetorica #1

Dans plusieurs articles précédents, je me suis intéressé au thème de la rhétorique et ce, de la manière la plus étrange. Moi-même, je me surprends de ces incursions. La rhétorique devrait normalement être un thème honni de tout philosophe sain d’esprit, puisque celui qui s’y associe risque de miner sa propre crédibilité. Il y a malgré tout quelque chose qui me turlupine (et qui me turlupine encore !) à ce propos et qui me force à aller patauger dans ces eaux troubles. Cela tient peut-être à ce que l’un des reproches que l’on adresse souvent à la philosophie est de ne constituer qu’une sorte de vague caprice spéculatif qui ne se se fonde sur rien de solide, de n’être qu’un vain exercice de l’esprit. Lire la suite « Ars Rhetorica #1 »

Derrière les fenêtres

Derrière les fenêtres

Il m’est venu à l’esprit, il y a quelques jours de cela, lors d’un joyeux moment d’oisiveté, que la fenêtre d’une maison et l’écran d’un ordinateur (ou d’un téléphone portable, d’une tablette) partagent exactement le même principe de base: soit un cadre rectiligne fixe duquel émane une lumière permettant à l’œil de contempler une réalité extérieure – celle de la nature dans le premier cas, et celle de la virtualité dans l’autre. Cette dernière peut en effet être considérée comme une réalité extérieure dans la mesure où ce qui y apparaît rompt de manière nette avec l’espace de la maison. De la même façon, il est permis de considérer le monde de l’écran d’ordinateur, avec ses assortiments d’icônes, de pages web et de tous ces petits gadgets propres aux systèmes d’exploitation modernes (dont le plus connu s’appelle d’ailleurs Windows), comme une sorte de paysage. Lire la suite « Derrière les fenêtres »